Aujourd’hui c’est Marine Morel, co-fondatrice de la marque Uny, la première marque proposant des produits de rasage et d’épilation non genrée qui répond à nos questions !

 Quel est ton souvenir de sérénité le plus marquant ?

En fait je n’en ai pas un seul, j’en ai plusieurs qui me viennent en tête. Ma madeleine de Proust de la sérénité c’est la mer. Dès que je vais au bord de la mer et que je me pose, que je regarde l’eau, c’est immédiat: elle m’apaise énormément. De façon générale, les vacances sont pour moi très apaisantes.

Ensuite je pense avoir une sensibilité particulière aux odeurs. Au quotidien, par exemple, l’odeur d’un bon gâteau au chocolat qui sort du four va vraiment m’apaiser. Je crois en fait qu’il y a vraiment un rapport avec la cuisine dans cette idée de l’odeur qui m’apaise: l’odeur d’un bon plat familial comme une blanquette de veau bien réconfortant me rappelle de bons moments passés en famille ou entre amis et me fait du bien.

Comment as-tu découvert le stress ?

C’est une question très compliquée parce que d’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été un peu stressé… À l’adolescence par exemple, au collège et au lycée, mais heureusement pour moi j’ai appris à faire face à ce stress,  à mieux le gérer et à l’apprivoiser. Plus on connaît des périodes de stress selon moi, plus on arrive à le maîtriser, à comprendre son mécanisme et à mieux y réagir. Du coup je sais beaucoup mieux gérer mon stress qu’il y a 15 ans et heureusement d’ailleurs.

Comment gères-tu ton stress au quotidien ?

La seule chose que j’arrive vraiment à faire pour mieux gérer mon stress au quotidien est le fait de déconnecter et de ne plus penser au travail ou à déconnecter des choses qui me stressent. C’est extrêmement compliqué mais avec le temps j’arrive à me créer mon petit cocon, un moment durant lequel je vais me forcer à penser à autre chose, à faire autre chose avec des amis ou de la famille. En revanche, il faut toujours que je sois dans l’action. Je ne peux pas me déconnecter en restant seule chez moi à prendre soin de moi par exemple, si je fais ça je vais penser à mille choses et mon cerveau ne s’arrêtera jamais. Du coup j’aime voir du monde, passer du temps avec ma famille, avec mes amis, sortir pour déconnecter.

Quels sont tes outils pour mieux gérer ces accélérations ?

Au quotidien, j’essaie de faire quelques exercices de respiration quand je suis vraiment stressée. Je pratique également pendant un moment de stress parce que mon rythme cardiaque va s’accélérer, j’essaie donc de faire un exercice de respiration pour me calmer.

Ensuite, j’ai toujours l’application Petit BamBou dans ma poche parce quand j’ai le temps et que j’en ressens le besoin, j’aime faire ce qu’on appel un scan corporel, une méditation courte qui va me permettre de me calmer, de prendre du recul et de ralentir mon rythme cardiaque.

Enfin, je suis une adepte des tisanes et des plantes en général. Des plantes qui vont faire du bien à mon corps et qui vont le renforcer: par exemple le curcuma, la menthe poivrée, le gingembre ou le thym. Je me concocte des boissons, des infusions ou des mélanges d’épices, et j’ai vraiment la sensation que c’est bénéfique pour moi.

Je sais qu’il faudrait que je fasse plus de sport aussi parce que ça me fait du bien quand j’en fais mais je n’arrive pas à rentrer cette routine dans mon quotidien… Bertrand essaie de me pousser mais c’est vrai que j’ai du mal à me motiver et j’y vais souvent à reculons même si ensuite je me sens beaucoup mieux.

A ton avis, est-ce possible d’être entrepreneur et d’avoir une vie sereine ?

Je pense que c’est quand même compliqué même s’il doit sûrement y avoir des personnes qui réussissent à garder une vie sereine tout en étant entrepreneur. J’imagine que c’est une question de caractère. Mais selon moi c’est compliqué à cause des moments de doute que l’on traverse quand on est entrepreneur, ces moments où tu te remets en question.

L’entrepreneuriat c’est les montagnes russes, tout le monde le dit. Au début, lorsqu’on le découvre c’est compliqué à gérer mais ensuite on s’adapte et on arrive mieux à gérer les hauts et les bas… Je ne savais pas en revanche à quel point on monte haut et on descend bas dans les émotions. 🙂

Du coup, j’apprends de plus en plus à lâcher prise, à faire des pauses et à me dire que c’est ok d’en faire. C’est d’ailleurs souvent durant ces moments-la que j’ai plein d’idées qui me viennent en tête.

As-tu vécu une expérience stressante qui a changé ton mode de vie ?

Je crois en réalité que j’en ai eu plusieurs, autant sur le plan professionnel que personnel. Une des expériences ou rencontre qui m’a le plus aidée est celle avec une coach en RH que je voyais régulièrement quand j’étais dans un ancien poste. Elle m’avait dit que face au stress notre corps nous envoie des signaux qu’on ne capte pas forcément… Cela peut être un mal de tête, une crampe, tomber malade… Elle m’a appris à écouter ces signaux afin de mieux agir avant que ça ne devienne plus grave.

Et cela m’a beaucoup aidé à prendre pas mal de décisions par la suite: lorsque je ne suis pas en forme, que je ne vais pas bien, je me dis que j’ai vécu une expérience qui m’a trop stressée.

En écoutant mon corps et mon intuition, j’ai d’ailleurs eu un changement radical de vie après le 1er confinement puisque j’ai décidé de quitter mon poste et de lancer Uny. J’avais très mal vécu ce premier confinement, déjà parce que j’avais attrapé le COVID mais aussi parce que j’avais beaucoup plus de travail qu’avant (des journées de 15h) et que je ne voulais pas m’arrêter même malade, je ne voulais pas laisser mon équipe gérer cette montagne de boulot… Au fil des semaines je ne me suis plus sentie en accord avec mon job alors que j’avais adoré ce poste pendant 5 ans. Puis j’ai eu l’idée d’Uny pendant le confinement en voyant le rayon rasoir de mon supermarché. Cette idée ne m’a pas quittée, cela m’obsédait un peu. J’ai donc décidé d’écouter mon intuition, de quitter mon emploi et de me lancer dans l’entrepreneuriat !